À propos du rapport de KPMG « Coûts de la consigne des contenants de boissons alcooliques »

Mis à jour le 22 décembre 2016 à 8 h 45  |  Publié le 16 décembre 2016 à 8 h 35

 

À la suite d’un article du journaliste Philippe Teisceira-Lessard paru ce matin dans La Presse+, la SAQ souhaite mettre en contexte le contenu d’un rapport produit en 2006 par la firme KPMG sur les coûts de la consigne des contenants de boissons alcooliques.

 

 

Le rapport KPMG de 2006

Comme il est écrit dans l’article, ce rapport est un document datant de plus de 10 ans et ses données ne sont plus à jour. Depuis sa production, le nombre de contenants vendus à la SAQ a augmenté de 34 %, le coût des loyers est plus élevé de 25 % et l'environnement physique des succursales a évolué, confirmant les préoccupations de l'auteur du rapport à l'effet que l'exploitation d'un système de réception et d'entreposage de contenants vides à même le réseau de succursales est irréalisable.

 

Le rapport de KPMG a été réalisé sur une base hypothétique qui ne prenait pas en compte la réalité opérationnelle des succursales de la SAQ de l'époque. L’auteur identifiait lui-même certaines considérations qui remettaient en doute la faisabilité du projet – voire le rendaient même impossible – notamment en raison de contraintes physiques et de négociations des baux existants impossibles à réaliser pour l’ensemble des 400 succursales dans des délais cohérents à une implantation provinciale.

 

En effet, la SAQ mise sur des succursales accessibles, bien positionnées et situées dans des locaux loués dont l’espace et la raison d’être ne permettent pas d’entreposer des contenants vides qui nécessitent un espace important et adapté.

 

Pour dresser un portrait juste et à jour de la réalité, la SAQ a mandaté en 2015 la firme indépendante LIDD pour analyser la situation. L’étude réalisée évoque des coûts de plus de 250 M$ sur 5 ans (100 M$ pour l’implantation et 30 M$ en frais d’exploitation annuels) pour implanter des centres de dépôt indépendants comme cela a déjà été fait ailleurs au Canada.

 

Les coûts avancés dans le rapport LIDD sont comparables aux coûts d’opération d’un système de consigne standard, comme celui qu’on retrouve en Alberta par exemple. Ils diffèrent toutefois de ceux estimés par KPMG en 2006 car ils tiennent compte – advenant que la consigne devienne la voie privilégiée pour la récupération des bouteilles – de la nécessité de mettre en place un nouveau modèle de consigne avec quelque 522 dépôts et autres points de collecte répartis à la grandeur du Québec.

 

 

Le verre et la technologie dans les centres de tri

Il y a eu une grande évolution dans la récupération et le tri du verre depuis 2006.

 

Le taux de récupération des contenants de la SAQ était de 50 % en 2006. Il atteint aujourd’hui plus de 85 %, dépassant ainsi les taux de récupération des contenants consignés qui oscillent autour de 75 %.

 

De nombreux centres de tri se modernisent pour assurer un tri du verre de qualité grâce à de nouvelles solutions technologiques maintenant disponibles. Éco Entreprises Québec (ÉEQ) a d’ailleurs annoncé son intention de soutenir les centres de tri du Québec pour leur permettre de tous se doter de ces équipements. Des projets-pilotes sont en cours à Grande-Rivière (Gaspésie), Thetford Mines, Québec, Terrebonne et Saint-Paul-de-Joliette.

 

La décision de consigner ou non les bouteilles de vin appartient au gouvernement. Pour la SAQ, le défi du verre se situe après sa récupération. C’est pourquoi elle investit dans des partenariats avec le génie universitaire québécois afin de trouver des débouchés locaux au verre récupéré.

 

 

La SAQ mise sur le développement durable

La SAQ initie diverses actions pour supporter les débouchés locaux du verre recyclé post-consommation et pour développer une industrie québécoise de recyclage du verre.

 

Par exemple, un partenariat en recherche et développement avec l’Université de Sherbrooke a permis de développer un procédé de micronisation du verre pour en faire un remplacement cimentaire dans la confection d’un béton plus résistant, plus durable et à l’empreinte environnementale réduite.

 

Un autre partenariat, avec l’École de technologie supérieure (ÉTS), favorise l’intégration du verre dans la fabrication d’un bitume plus résistant. La technologie est mise à l’épreuve actuellement dans les installations de la SAQ.