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6 mythes sur le rosé

Sucré, trop coloré, vin «de filles» ou boisson d’été: le rosé fait face à toutes sortes de préjugés. Pourtant, les vignerons élaborent ce vin avec autant de sérieux qu’un rouge ou un blanc. Et les connaisseurs sont désormais nombreux à s’avouer fans de rosé à l’année.

Les vignerons vous le diront, produire du rosé est au moins aussi compliqué que de faire du blanc ou du rouge. Mais ce vin, qui évoque toujours les plaisirs de l’été, souffre encore de stéréotypes.

Le rosé, c’est pour l’apéro

Si on le voit comme une boisson à prendre au soleil, on tend à servir le rosé avec quelques grignotines et petites bouchées, avant de choisir du blanc ou du rouge, au moment de passer à table. Pourtant, les versions plus corsées ou plus complexes se dégustent mieux en mangeant que seules. Une grillade avec un rosé de Toscane ou du Chili, plus dense et plus vineux que la moyenne, ça passe très bien. Un céviche ou des sushis s’accommoderont parfaitement d’un vin net et vif.

Ce n’est pas très sérieux

Pour produire un rosé bien équilibré, il faut travailler avec soin. Pressé un peu fort ou macéré un peu trop longtemps avec les peaux (ce qui extrait couleur et tannins), le vin s’alourdit et ressemble trop à un rouge. Si les raisins sont trop mûrs, le vin manquera d’énergie et de fraîcheur, mais si les baies manquent de maturité, il sera simpliste et sans relief. Il existe d’extraordinaires rosés, complexes et amples, qui atteignent cet équilibre à la perfection et qu’on peut même mettre à la cave quelques années. Les meilleurs rosés de pinot noir, notamment, livrent toute la complexité aromatique du cépage, moins la structure tannique. Dans la Rioja, la maison López de Heredia lance à peu près tous les cinq ans un rosé traité comme ses meilleurs Reserva rouges, élevé plusieurs années en fût, qui montre une texture et une complexité hors du commun. Goûtez sans préjugés, vous pourriez être surpris.

C’est juste bon l’été

Les sommeliers comme les conseillers de la SAQ vous le diront tous, le mois d’août est à peine arrivé que les ventes de rosé ralentissent, bien avant que l’on ressorte les manches longues et les lainages. Pourtant, on boit bien du blanc l’hiver, non? Alors pourquoi pas du rosé? Les accords qui fonctionnaient en juillet seront tout aussi réussis en octobre. Vous hésitez entre un blanc et un rouge pour votre poulet rôti ? Allez-y avec un rosé, ce n’est pas un compromis.

C’est un vin de fille

Parce que leur robe est rose, les rosés seraient pour les femmes? Allons donc! Ne restons pas dans des clichés qui collent aussi aux pyjamas pour bébés. Aux États-Unis, on cherche à défaire cette image trop féminine en parlant de «brosés» – des rosés pour les bros, les mecs. Allons, les gars, boire un vin couleur saumon, ça ne fait pas de vous des hommes roses…

Plus c’est coloré, plus ça goûte

En regardant une bouteille de vin rosé quasi transparent, on a peut-être tendance à se dire qu’il est forcément plus léger qu’un vin plus coloré. Il n’en est rien: cette couleur plus claire tient aux cépages utilisés et, surtout, à la méthode de production, généralement un pressurage direct où le jus n’a été que peu de temps en contact avec les peaux qui lui auraient donné plus de couleur. Bien sûr, la palette de saveurs est un peu différente avec la coloration – on trouvera rarement des arômes de fruits noirs dans un vin délicatement coloré –, mais des rosés très clairs peuvent être parfumés et intenses à souhait, et même complexes.

C’est sucré

C’est vrai, il existe des rosés qui contiennent une bonne dose de sucre résiduel – par exemple, les white zinfandel de Californie. De nombreux amateurs y trouvent leur compte, comme en témoigne leur popularité. Mais il faut se rappeler qu’un rosé typique de Provence, la véritable capitale mondiale de ce style de vin, est habituellement vif et sec en bouche. En Loire aussi, on croque dans la pomme verte et la fraise fraîche, pas dans la confiture de mûre. Au fond, chacun peut trouver un rosé qui lui convient, vif et énergique, expressif, épicé et un brin tannique, ou rond et extra-fruité…

Photo: Marie des neiges Magnan