Depuis près de deux ans, Sandra Jarry et son conjoint Emmanuel Langevin puisent dans le garde-manger québécois pour préparer des paniers à pique-nique gastronomiques. Il faut dire que la pandémie a retardé leur projet d’ouvrir La Famille, une « buvette de village » à Sutton, dans les Cantons-de-l’Est. Un rêve qui devrait enfin se concrétiser avec la nouvelle année. « D’ici cinq ans, on vise un menu 100 % local », affirme la chef qui s’approvisionne auprès d’une trentaine de producteurs de la région. Alors qu’elle en est aux derniers préparatifs avant l’ouverture de son restaurant, elle nous dévoile quelques ingrédients d’ici qu’elle aime apprêter.

Les canneberges (ou airelles)

Lorsqu’on sert de la dinde, les atocas ne sont jamais bien loin! Pour surprendre vos invités, Sandra suggère de les remplacer par des airelles, ces baies rouges qui poussent dans nos forêts. On trouve des confitures aux airelles dans plusieurs épiceries fines. Depuis 2005, une communauté religieuse de Lac-Etchemin parvient même à en faire la culture : Les Airelles des Frères. Sandra n’hésite pas à aromatiser sescocktails et ses pichets d’eau avec ces petits fruits. « C’est toujours beau! » Les canneberges et les airelles sont aussi délicieuses dans la farce d’un rôti de porc ou en accompagnement du gibier. 

Les crevettes nordiques

Un autre classique du temps des Fêtes : la fameuse couronne de crevettes! « Malheureusement, de grosses crevettes, il n’y en a pas au Québec », observe Sandra. C’est pourquoi elle privilégie nos délicieuses crevettes nordiques, qui sont bien plus élégantes en verrines.

La betterave

Traditionnellement, une vraie tablée des Fêtes ne manque pas de betteraves marinées! Sandra utilise plutôt ce légume-racine pour donner une touche festive à ses gravlax de truite. Après avoir saumuré le poisson dans du sucre et du sel, elle le fait mariner dans du jus de betterave. « Lorsqu’on le tranche, il a une belle couleur rouge. On peut le servir avec de la crème fraîche et de l’aneth », indique-t-elle.

Le sapin baumier

Vous avez oublié le romarin pour votre dinde? Si vous avez un sapin de Noël bio, suffit d’en couper une branche (attention aux boules!) et de hacher finement les épines. Sandra utilise cet aromate pour parfumer les poissons et les viandes comme un gigot d’agneau, et même pour décorer ses cocktails. « On n’en met pas beaucoup parce que c’est extrêmement goûteux, mais c’est super bon ! »

La pintade ou le faisan

Pour un souper des Fêtes plus intime, Sandra propose de remplacer la dinde par une volaille sauvage (comme la pintade, le faisan ou la perdrix) apprêtée en crapaudine ou farcie en ballottine. « C’est plus chic! Il y a plein d’éleveurs au Québec et, à ce moment de l’année, on trouve plusieurs de ces oiseaux en épicerie », fait-elle valoir. 

Le mélilot

C’est la vanille boréale. « Une petite fleur sauvage qui pousse sur les bords de chemin, presque comme de la mauvaise herbe », explique Sandra. Elle se vend séchée ou sous forme d’essence, dans les boutiques spécialisées. On s’en sert pour donner un goût vanillé aux desserts, comme la panna cotta ou la crème brûlée. Il entre aussi dans la composition du limoncello de la Distillerie 3 Lacs! « Pour un échange de cadeaux, on peut faire un fudge au caramel maison aromatisé au mélilot, avec du sirop d’érable ou du miel à la place du sucre », suggère Sandra. Un délice 100 % local!

Fudge au caramel maison

Préparation: 15 minutes | Réfrigération : 2 heures
Cuisson: 10 minutes
Portions: 64 morceaux environ